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Etude de cas

Le fonctionnement concret d’une banque sans taux d’intérêt, la JÄK Bank

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Ceci est le troisième article de la série sur la banque sans taux d’intérêt, les premiers se trouvent ici (http://financeethique.eu/pourquoi-recevoir-ou-payer-des-interets/ et là http://financeethique.eu/banque-taux-dinteret-jak-bank/).

Le fonctionnement concret du système sans intérêt a connu plusieurs variantes. Nous nous concentrerons sur le système actuel.

Le fondement est que l’utilisation et le soutien au système doivent être équilibrés pour chaque personne :

  • On utilise le système en empruntant
  • On soutient le système en épargnant
  • A la fin du prêt, il faut donc avoir épargné autant que l’on a emprunté

Pour mesurer cet équilibre, un système à points a été créé :

  • Un point d’épargne est gagné à chaque fois qu’on dépose pendant 1 jour 1 couronne suédoise
    • Petite subtilité : ce dépôt donne droit à 1 point multiplié par une variable. Si la variable est à 1, alors on a bien un point, si elle n’est qu’à 0,8, on obtient que 0,8 point. Cette variable permet selon la Jäk de réguler l’équilibre entre offre et demande de prêt
  • L’épargnant bénéficie de la garantie sur ses dépôts comme toute banque suédoise. Il a accès à son argent via un espace de banque en ligne gratuit.

Concrètement,

  • Soit on épargne pendant plusieurs années et on accumule tous les points nécessaires à l’emprunt. Cela permet également de se constituer un apport.
  • Soit on n’a pas de points lorsqu’on demande un prêt, et alors on épargne en même temps que l’on rembourse : on a la mensualité “normale” qui rembourse le prêt initial, et on doit en plus verser une “épargne forcée”. Celle-ci est versée sur un compte épargne bloqué jusqu’à ce que l’on ait fini de rembourser le prêt
  • Soit des membres de la coopérative nous donnent des points pour que l’on puisse emprunter.
  • Ces 3 cas peuvent évidemment se mélanger : on dispose d’une partie des points nécessaires car on a un peu épargné auparavant, notre famille nous donne quelques points, et enfin on verse une épargne forcée chaque mois pour atteindre le nombre de points nécessaire à la fin du prêt.

Le processus d’analyse du crédit

L’octroi du crédit suit un processus classique. Il faut vérifier que l’emprunteur est membre de la JAK, qu’il est solvable (peut raisonnablement rembourser le prêt octroyé) et qu’il dispose de garanties (ex : caution, hypothèque).

Par rapport aux autres banques éthiques que nous avons étudié jusqu’ici, en particulier la Nef et Triodos, il n’y a pas de critères éthiques pour étudier la demande de prêt. La grande majorité des prêts sont faits à des particuliers pour des prêts immobiliers. Il pourrait y avoir des critères sur la consommation énergétique des habitations par exemple, mais ce n’est pas le cas.

Quel est le coût au final?

L’emprunteur doit :

  • souscrire 6% du montant du prêt en parts sociales de la coopérative, qui seront remboursables à la fin du prêt. Cela fonctionne comme le témoin d’une course de relais, chaque emprunteur prend un relais le temps de son emprunt puis le redonne à la fin.
    • Ceci est nécessaire afin que la banque ait suffisamment de capital par rapport à ses crédits, un ratio défini par les autorités bancaires.
  • Payer 150 couronnes de frais de dossiers, qui couvrent une partie des frais fixes (locaux, salaires, etc.) et variables (temps consacré à son dossier)
  • Payer un coût estimé à 1,5% du prêt chaque année, soit pour un prêt de 100 000 couronnes sur 10 ans, 1,5% * 100 000 * 10 = 15 000 couronnes
    • Pourquoi 0,015 ou 1,5% ? C’est empiriquement la valeur qu’a trouvé la JAK pour couvrir ses coûts. Cela permet aussi de faire payer différemment un grand prêt et un petit prêt, un prêt court et un prêt long. Si on divisait tous les coûts entre tous les prêts, cela ferait trop cher pour les prêts petits et courts
      • Cette manière de procéder est intéressante, les banques raisonnant plutôt en fonction du client (plus il est solvable / riche, moins il y a de risque de défaut et donc moins je lui fait payer). Mais cela peut entraîner un risque de sélection adverse ou antisélection, à savoir que les clients le plus solvables se verront proposer a priori un taux plus intéressant ailleurs, à l’inverse les clients les moins solvables auront des conditions de taux plus intéressantes à la JAK, et celle-ci se retrouvera avec des clients à risques.
        • Mais c’est un raisonnement purement économique : dans la réalité il y a un garde-fou qui est l’analyse du risque faite par la JAK (limitation des clients les moins solvables – ce qui pose alors le problème de l’accessibilité au crédit) et le fait que de nombreuses personnes ne réfléchissent pas uniquement sur le coût de leur emprunt mais réfléchissent plus globalement à ce que leurs actes financiers impliquent sur la société.
        • Concrètement cela donne un TEG (Taux d’emprunt global) à 3%. Un taux fixe, par définition, qui ne dépend pas du taux du marché. C’est donc parfois plus cher, parfois moins cher que les concurrents.
  • Payer un coût initial d’adhésion (une seule fois par personne) à la coopérative de 300 couronnes
  • Payer un coût annuel d’adhésion à la coopérative de 300 couronnes (gratuit pour les moins de 18 ans)
  • Offrir des garanties quant à sa solvabilité (ex : garantie sur son logement, famille ou amis se portant garants, etc.)

Au total, cela donne (la calculette sur le site est bien faite : https://jak.se/privat/lana/bolan) :

  • Remboursement mensuel :
    • 1 915
      • Dont 834 de remboursement du capital
      • Dont 247 d’intérêts
      • Dont 834 d’épargne bloquée jusqu’à la fin du prêt
  • Intérêts totaux au bout de 10 ans : 15 249
  • Epargne disponible à la fin du prêt : 100 080
  • Taux d’intérêt : 3%
  • Taux d’intérêt effectif (comprenant les frais de dossiers et la souscription de parts sociales) : 3,08%

Remarques finales

On voit d’ores et déjà qu’un défaut du système est cette épargne bloquée, car pour ceux qui n’ont pas épargné auparavant pour gagner des points ou reçu des points, cela peut représenter (au maximum) le même coût que la mensualité. Cela signifie concrètement une mensualité doublée, ce qui semble très compliqué puisque la plupart des acheteurs (du moins en France) s’endettent jusqu’à leur taux d’endettement maximum accepté par les banques, à savoir 33% de leurs revenus. La personne arrive à la fin avec une épargne équivalente au prêt qu’elle a contracté, 100 000 couronnes, mais c’est sûrement au prix de restrictions chaque mois.

Nous verrons dans le prochain article les résultats de cette banque : est-ce viable, et à quel prix? C’est une véritable aventure que je vous propose : plonger dans un rapport annuel bancaire en suédois sans en parler un mot et essayer d’en tirer quelques leçons!

Si cela vous intéresse, n’hésitez pas à poser vos questions dans les commentaires ou à m’envoyer des mails sur financeethique.eu@gmail.com

Une banque sans taux d’intérêt, la JÄK Bank

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Vous avez été intrigué par le fait de ne pas payer ou recevoir d’intérêts de votre banque dans notre dernier article (http://financeethique.eu/pourquoi-recevoir-ou-payer-des-interets/)? 

Nous allons étudier aujourd’hui la JÄK Bank, un établissement financier très original puisqu’il s’est construit sur le principe de ne pas facturer d’intérêts aux emprunteurs ni d’en verser aux épargnants. Oui, une banque sans taux d’intérêt !

Elle a deux principaux objectifs :

  1. Proposer un système bancaire à prix coûtant et
  2. Promouvoir un système de coopération économique sans taux d’intérêts, un esprit critique libre des dogmes économiques en vigueur, en produisant notamment du contenu pédagogique diffusé par ses bénévoles.

Nous allons dans cet article étudier rapidement l’histoire et le contexte du projet, ainsi que ses principes et valeurs. La suite de la série permettra de regarder son fonctionnement concret et en tirer quelques leçons.

Pour réaliser cette série d’articles, j’ai lu tous les documents proposés sur le site de la JAK (jak.se) en français, anglais et espagnol, ainsi que résultats les plus pertinents obtenus sur mon moteur de recherche. La liste complète des liens se trouve en bas de l’article.

 

L’histoire et le contexte : la JAK Bank, une banque rurale scandinave née suite à la crise des années 30, qui a décollé suite à la crise financière des années 90 en Suède

 

Les dates clés :

  • 1931 : La JAK est créée au Danemark
    • Suite à la crise des années 30, un groupe de fermiers crée une monnaie locale qu’ils s’échangent à taux zéro. Les autorités interdisent leur activité, ils la reprennent avec la monnaie officielle (la couronne danoise). Après quelques décennies d’activité et des difficultés, l’entité danoise fusionnera avec une autre banque classique. Nous nous concentrerons donc sur l’établissement suédois.
  • 1965 : La JAK est créée en Suède
    • JAK signifie Jord Arbete Kapital (Terre, Travail et Capital) et le nom est complété par “association nationale pour la libération économique”
    • L’établissement est areligieux, apolitique (mais ouverte aux discussions) et sans but lucratif
    • La croissance est lente et le nombre de membres ne dépasse pas 1 000 personnes
  • 1985 :
    • Premier salarié employé par la coopérative
    • Premier groupe local de bénévoles formé à Göteborg
  • 1990 – 1993 :
    • Suite à la crise financière et immobilière en Suède, la JAK constate une forte augmentation du nombre d’adhérents (de 7 000 à 30 000 entre 92 et 94), car les taux d’intérêts augmentent fortement et le système devient financièrement très intéressant. Cela implique toutefois que beaucoup de nouveaux membres ne sont pas portés par la dimension éducative et culturelle du projet. De nombreuses formations sont alors créées et animées par des groupes locaux de bénévoles. Le nombre de membres redescend à 20 000 en 1998 et reprend une croissance régulière jusqu’à maintenant (38 000).
  • 1998 :
    • Les autorités cherchent à mieux réguler les systèmes d’épargne et crédit associatifs
      • La JAK doit alors demander un agrément bancaire et devient officiellement une banque le 1er mai 1998.
      • La JAK change également de nom et de statut pour devenir la JAK Medlemsbank (JAK Members Bank / “Banque de ses membres” soit une banque coopérative). Elle abandonne son statut associatif.

 

Les 6 grands principes mis en avant :

 

  • “Interest-free” ou sans intérêt :
    • La JAK s’affirme contre le fait que quelqu’un puisse gagner de l’argent seulement parce qu’il en a déjà, et dénonce le fait que les prêts à intérêt impliquent une redistribution de ressources de ceux qui n’ont pas vers ceux qui ont déjà, renforçant les inégalités
    • Il faut un équilibre entre les personnes qui empruntent et celles qui épargnent : l’argent ne doit pas juste aller chez l’épargnant et le propriétaire de la banque
    • L’intérêt est défini comme tous les paiements liés à un prêt (que ce soit une épargne ou un crédit) qui excèdent le coût réel et raisonnable que le prêteur doit engager pour le réaliser (salaires, système d’information, locaux, etc.)
      • Il y a donc une distinction entre les coûts de la prestation et la marge superflue contenue dans un taux d’intérêt. L’emprunteur paye le service, comme il paierait une baguette de pain ou un concert. Mais il ne paye pas une personne qui ne fait rien.

Toutefois, d’après un arrêt très récent (22/07/2017) rendu par la justice suédoise, la JAK n’a plus le droit de parler d’elle comme une banque sans taux d’intérêt ou parler de coûts d’emprunts à la place d’intérêts. Son fonctionnement ne change pas, mais cela montre la pression forte du secteur pour éviter les vues divergentes.

  • Education populaire, par le peuple et pour le peuple, afin d’éveiller les consciences sur le fonctionnement du système économique et financier
  • Aucune publicité commerciale (ex : pubs télé), uniquement du bouche à oreille (La JAK a par exemple été notée 91%, deuxième banque la mieux notée dans le classement faifinance.se, derrière la banque éthique ekobanken), des ateliers réalisés par les bénévoles (environ 500), un magazine interne
  • Démocratie coopérative (une personne égale une voix)
  • Fonctionnement sans but lucratif, à prix coûtant :
    • Comme les autres banques, la JAK a des coûts (locaux, salaires, informatiques, provision pour les impayés, etc.), mais elle cherche juste à les couvrir, sans faire de profit ni les redistribuer
  • Une autonomie des marchés financiers :
    • les prêts sont financés grâce aux dépôts d’une multitude d’épargnants, pas d’institutions financières qui peuvent retirer d’énormes montants brutalement comme lors de la dernière crise financière

 

Les valeurs :

 

  • Liberté et égalité des personnes, diversité et coopération
  • Les considérations éthiques sont supérieures aux motifs de profit égoïstes
    • L’argent doit fonctionner comme un moyen d’échange sans intérêt et sans spéculation
    • L’économie doit avoir un effet contre les inégalités entre riches et pauvres
    • La réalité économique doit être subordonnée aux besoins d’une soutenabilité écologique.
      • La JAK s’oppose à une croissance économique illimitée, que soutient la logique des taux d’intérêts
      • En effet, les intérêts composés impliquent une croissance exponentielle : 1€ placé à 1% donnera 20 959€ dans 2 000 ans.

Source : Richesse-et-finance.com

    • Le financement sans taux d’intérêt promeut l’investissement de long-terme, un pré-requis pour le développement durable. En effet, il rend économiquement davantage viable les projets rentables sur une plus longue période, comme les économies d’énergie aujourd’hui.
  • Une économie juste requiert une démocratie où l’opinion de chacun est prise en compte de la même manière
    • Chacun doit pouvoir accéder à l’information qui est nécessaire pour réaliser des décisions éclairées
    • Les débats et discussions doivent être stimulées et respecter les différences de chacun
  • Une économie locale durable est la base pour une économie globale durable
    • L’argent doit être utilisé localement, là où sont les personnes, pour répondre à de vrais besoins

 

Selon la JAK, un tel système coûte moins cher :

  • Pas de dividendes pour les actionnaires
  • Pas d’intérêts pour les épargnants
  • Pas de frais de publicité
  • Les impayés sont moindres car chacun est membre de la coopérative
  • Les coûts administratifs sont eux similaires à ceux des autres banques

 

Nous verrons dans le prochain article comment fonctionne concrètement cette banque!

Si cela vous intéresse, n’hésitez pas à poser vos questions dans les commentaires ou à m’envoyer des mails sur financeethique.eu@gmail.com

 

Sources :

https://jak.se/sites/default/files/international/dokument/fransksida.pdf

16_JAK Medlemsbank – Cooperativa bancaria JAK – Suecia

https://jak.se/project/france

Pourquoi recevoir ou payer des intérêts à sa banque?

By | Etude de cas | One Comment

Entre amis, entre membres d’une même famille, l’usage est de se prêter de l’argent à taux zéro, sans intérêts. La plupart des gens ne pense pas à prêter avec un taux d’intérêt leur permettant de gagner de l’argent sans rien faire, “ça ne se fait pas”. Et pourtant, lorsque nous avons une épargne, la plupart d’entre nous cherchons à maximiser notre rendement, et les banques n’hésitent pas à surenchérir : taux “boosté” à 3% pendant 3 mois, 100€ offert pour l’ouverture d’un compte, etc. Sans compter les comparateurs qui fleurissent pour nous aider à optimiser ce rendement.

Ne pourrait-on pas étendre cet état d’esprit, au nom d’une amitié étendue, de solidarité ou, d’après notre devise nationale, de fraternité? Pourquoi faire à un inconnu ce qu’on ne fait pas à ses amis et à sa famille parce que “ça ne se fait pas”?

Etudions un circuit de l’argent et des intérêts

Si on se rend dans une banque qui nous promet un rendement de 3%, nos 1 000€ deviennent 1 030€ à la fin de l’année : Les 30€ obtenus sans rien faire, d’où viennent-ils? Ce n’est pas un cadeau, quelqu’un a dû les payer. Il s’est sûrement passé ceci : au même moment, une personne a demandé 1 000€ à la banque, elle lui a facturé 1 080€, en a gardé 50 et vous en a donné 30€.

On peut alors se dire qu’on y gagne quand on prête, qu’on y perd quand on emprunte. Mais statistiquement, la majorité des personnes y perdent. En réalisant une étude sur la population suédoise, 90% payent plus d’intérêts qu’ils n’en reçoivent.

Répartition intérêts entre déciles de la population suédoise concentration richesse

Source : Miguel Ganzo, cf lien plus bas

Il indique en rouge les intérêts perçus en milliers de couronnes par décile de la population (chaque décile représente 10% de la population), et en vert les intérêts payés. Seul le dernier décile reçoit plus d’intérêts qu’il n’en paye.

Les données sources ne sont pas disponibles malheureusement et je ne retrouve pas d’équivalent sur Internet pour d’autres pays. Il semble logique : plus on est riche, plus on reçoit d’intérêts, et on sait que les inégalités sont très fortes (50% du patrimoine français est détenu par les 10% des ménages les plus riches).

Pour finir, regardons les deux principaux contre-arguments qui peuvent surgir sur l’absence d’ intérêts :

  • le coût d’opportunité : je veux bien prêter à taux 0, mais à côté j’ai la possibilité de prêter mon argent à des taux positifs, donc je renonce à gagner de l’argent
    • Premièrement, le fait d’accepter de ne pas gagner d’argent est très différent de perdre de l’argent qu’on a déjà, comme l’ont montré les Prix “Nobel” Kahneman et Tversky. Nous sommes beaucoup plus sensibles à la perte de ce qu’on a déjà qu’à un éventuel gain espéré.
    • Deuxièmement, si une communauté suffisamment grande rejoint un système sans taux d’intérêt, nous allons pouvoir également emprunter de l’argent à taux zéro lorsque nous en aurons besoin, ce qui permet d’équilibrer la balance.
  • L’inflation :
    • Investir de l’argent à taux 0 reviendrait à voir lentement son épargne perdre de la valeur, rongée par l’inflation.
    • La réponse provisoire (et pas totalement satisfaisante) à cette problématique me semble être, à ce stade, le faible impact en valeur absolue comme relative, et la diversification de ses actifs :
      • Pour la majorité de la population, l’épargne et le patrimoine sont faibles (En France, les 50% les plus pauvres détiennent 7% du patrimoine total) : toucher 0% ou 1% sur pas grand chose, ça fait pas grand chose. A l’inverse, ils ont donc des besoins d’emprunts importants, et un système à taux 0 leur bénéficierait
      • Pour ceux qui concentrent l’épargne (10% des ménages cités plus hauts, et le 40% du milieu qui détiennent 43% du patrimoine), la diversification des actifs devrait permettre d’accepter une partie à 0%, d’autant plus si cela permet d’emprunter à 0 pour certains projets.
        • C’est déjà le cas avec les comptes-courants en France, non rémunérés même en période de forte inflation, et qui représentent une masse très importante : 429 milliards d’euros en France au T1 2017 (source : Banque de France)

D’accord, ne pas payer ni recevoir d’intérêts semble une idée juste. Et alors? Alors cela a motivé des danois puis des suédois à créer une banque sans taux d’intérêt, la JÄK Bank, que nous allons étudier dans les prochains articles, et qui renverse de nombreux paradigmes bancaires et économiques.

La suite dans le prochain article de la série!

Si cela vous intéresse, n’hésitez pas à poser vos questions dans les commentaires ou à m’envoyer des mails sur financeethique.eu@gmail.com

Sources :

https://jak.se/jakexplained

16_JAK Medlemsbank – Cooperativa bancaria JAK – Suecia

Kahneman et Tversky : https://www.cairn.info/revue-idees-economiques-et-sociales-2010-3-page-15.htm

 

Finance participative, collectivités locales, démocratie et ploutocratie

By | Etude de cas | No Comments

 

 

L’idée de développer la finance participative pour les collectivités locales au Royaume-Uni et aux Etats-Unis se développe, comme l’explique cet article du Guardian (présent dans la revue de presse de février)

En proposant plusieurs projets pour la commune, et en faisant « voter » les citoyens, la finance participative permet d’intéresser ceux-ci à la commune et à la manière de s’investir pour réaliser des projets communs (en argent mais aussi en temps, en compétences).

L’article cite notamment la levée de fonds de la ville de Kansas City auprès de ses concitoyens pour développer un système de vélo-partage type Vélib et qui a réuni 400 000$.

Toutefois, ce « vote » n’est pas démocratique mais ploutocratique, c’est à dire que le pouvoir de choisir le projet qui sera développé est lié à la capacité financière des individus.

En particulier dans une société très inégalitaire, cela revient en réalité à faire choisir les plus riches sur les programmes à développer dans la commune. C’est un risque que nous soulignions également pour l’ISR et la finance éthique dans la fiche de lecture de « Finance éthique : le grand malentendu » (cette fiche de lecture complète en pdf est désormais disponible via la newsletter)

Néanmoins, la finance participative a tout de même un potentiel intéressant :

  • D’abord parce que la somme de petites contributions des ménages moyens ou modestes peut permettre des améliorations
  • Ensuite, et surtout, si la finance participative est couplée à la démocratie participative. En clair, si l’on fait voter démocratiquement les projets à sélectionner, puis, dans un deuxième temps, que l’on lance ces projets sur une plateforme de finance participative, alors on aura l’avantage démocratique sans le désavantage ploutocratique