Fiche de lecture : finance éthique, le grand malentendu, de Gaëtan Mortier (5)

 

 

Voici la cinquième et dernière partie de la fiche de lecture sur « Finance éthique, le grand malentendu » de Gaëtan Mortier. La première partie est disponible ici, la deuxième ici, la troisième là et la quatrième là. Une fiche de lecture complète au format pdf sera proposée via la newsletter à la fin du mois, avec la revue de presse mensuelle.

Quatrième partie et conclusion

La quatrième partie s’intitule « Finance solidaire et banques éthiques : quel avenir? ». Face à l’enjeu de la transition énergétique, il faut agir.

Or, les grands indices boursiers, même ISR, sont composés de 10% à 15% d’industries fossiles et de 0,5% de renouvelable.

Les épargnants disposent d’un outil, le désinvestissement. Il est possible d’exclure de son épargne certains secteurs et d’en favoriser d’autres.

Il faut également favoriser les solutions locales, en réallouant les ressources financières vers l’échelon le plus proche du citoyen et vers l’Economie Sociale et Solidaire.

Les fonds d’épargne solidaire sont destinés au financement de l’ESS mais pour des raisons règlementaires, ils ne peuvent contenir que de 5% à 10% de fonds ESS. Le reste est investi dans des fonds ISR, dont on a vu les limites. La croissance de ces fonds est forte mais bien inférieure à celle de l’ISR.

Il faut défiscaliser les fonds d’épargne solidaire pour qu’ils changent d’échelle, de même qu’il existe des livrets défiscalisés. Une surtaxe serait appliquée sur certains fonds boursiers. Les critères devraient être discutés au parlement, ce qui mettrait fin au monopole privé des agences de notation. L’agence publique de notation, par exemple rattachée à la CDC, aurait un rôle majeur dans ce processus.

Sans attendre les mesures politiques, chacun peut changer les choses en allant sur jechangedebanque.org et aller à la Nef, Crédit Coopératif ou la Banque Postale.

Les banques éthiques comme la Nef sont une alternative puissante, même si la Nef n’a pas encore aujourd’hui l’agrément bancaire (c’est désormais le cas avec le changement de règlementation européenne CDR IV, voir à la fin de cet article sur la Nef)

Conclusion :

  • La finance éthique a échoué vis-à-vis de son objectif de transformation des pratiques de marché
  • Les citoyens doivent agir, ils ont plusieurs options :
    • Changer de banque
    • Exiger la transparence de son assurance, sa caisse de retraite ou son syndicat
    • Militer pour la séparation des banques, interdiction de la spéculation, création d’agences de notation publiques ou de la fiscalité verte
    • Nouvelle donne verte au niveau macro-économique (financement public de la transition écologique)
    • Chantier du changement de la mesure de la richesse

Commentaires sur la quatrième partie et la conclusion

Cette dernière partie et la conclusion reprennent l’argumentation centrale et des propositions argumentées auparavant, et lance un appel à l’action salutaire. Cet appel contraste avec le titre, qui parle de malentendu, alors que l’auteur met en avant ici des solutions concrètes.

Comme évoqué dans le première partie, la moitié des ménages les plus riches détient plus de 90% du patrimoine (source INSEE ; 10% des ménages détiennent 48% du patrimoine total), c’est donc un frein très important à l’action citoyenne.

On peut toutefois mentionner, ce qui n’est pas précisé dans le livre, que les sociétaires des banques coopératives, où le système « un homme égale une voix » est en place, peuvent agir sans distinction de moyens. Cette possibilité est toutefois très peu utilisée aujourd’hui comme le montrent les travaux de Gilles Caire par exemple. La Nef constitue à cet égard un contre-exemple.

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