avril 2015 archive

La Nef obtient un élargissement de son agrément et se rapproche d’une banque éthique de plein exercice

Pour rappel, la Nef (dont nous avons parlé plus en détail ici) est un établissement financier qui promeut depuis 1978 (sous forme d’association et 1988 sous forme de société financière) la finance éthique en France. Elle se distingue notamment par la transparence de l’utilisation des fonds qui lui sont confiés (elle publie en effet la totalité des prêts qu’elle octroie aux porteurs de projets – voir ci-joint la liste des projets financés en 2014) et par un jugement éthique préalable à toute analyse économique du projet. Ce jugement porte notamment sur l‘utilité sociale, environnementale et/ou culturelle du projet.

Jusqu’au 17 avril dernier, elle était limitée dans ses activités : elle ne pouvait proposer que des produits d’épargne bloqués pendant 24 mois (comptes à terme) et des crédits à moyen long-terme pour les entreprises (majoritairement) et les particuliers (prêts pour l’acquisition d’un habitat ou d’un véhicule écologique par exemple). Le livret d’épargne et le compte-courant (couramment utilisé avec un chéquier et une carte bancaire) lui étaient interdits

Désormais, elle a le droit d’ouvrir des livrets d’épargne et des comptes-courants pour les entreprises, avec des moyens de paiement excepté le chéquier. Cela lui permet de soutenir les entreprises pour leurs besoins à court-terme.

Pour les particuliers, la nouveauté réside dans le livret d’épargne, sur lequel on peut verser et retirer de l’argent chaque jour, et qui est donc dit « liquide ».

Cette demande d’agrément va permettre de débloquer une partie des tâches nécessaires à leur commercialisation, qui doit être effective avant avril 2016.

Pour les compte-courant des particuliers, il faudra faire une nouvelle demande d’agrément, prévue pour 2017.

Pour en savoir plus, n’hésitez pas à consulter (et à aimer!) la page Facebook de La Nef sur laquelle la Nef a répondu à de nombreux commentaires demandant plus de précisions. https://www.facebook.com/societefinancieredelaNef?fref=ts

 

 

Un nouveau label ISR devrait voir le jour en France : commun à tous les acteurs, mais peu exigeant

Un nouveau label ISR partagé par tous les acteurs français devrait voir le jour après d’intenses négociations, mais il semble que ce soit le plus petit dénominateur commun, et donc peu exigeant

Nous avions suivi ces débats depuis maintenant plus de 2 ans : ici dans la revue de presse de septembre 2013 puis là dans la fiche de lecture sur « Finance Ethique : le grand malentendu » de Gaëtan Mortier

En résumé :

Novethic, filiale de la Caisse des Dépôts et consignations, a le premier lancé un label ISR en 2007 et s’est imposé comme la référence en France

En durcissant l’attribution du label, notamment sous la pression de critiques de greenwashing, il a provoqué le refus d’Amundi, un des principaux gestionnaires d’actifs en France (filiale du Crédit Agricole) de faire labelliser ses produits. Amundi a alors opté pour faire certifier ses processus.

Depuis 2013, une concertation des acteurs de la place menée par le gouvernement cherchait à imposer un label unique partagé pour donner une meilleure visibilité à l’ISR.

Les négociations semblent s’être terminées, mais la proposition semble finalement assez large et favoriser une faible exigence pour les fonds, renforçant les critiques sur l’hypocrisie de l’ISR porté que nous avons étudiées dans le livre de Gaëtan Mortier.

Il faudra ainsi respecter une des trois caractéristiques suivantes selon les informations pour l’instant officieuses de la journaliste :

  • Soit réduire de 20 % son univers investissable ESG (Environnement Social Gouvernance) par rapport à l’univers d’investissement initial du fonds. En clair, exclure 20% des actions possibles si l’on ne prenait pas en compte de critères. (démarche plutôt poussée par Novethic)
  • Soit qu’il ait « un niveau de qualité ESG exigeant », défini par « l’écart de la note ESG moyenne entre le portefeuille et l’univers d’investissement initial » (ce qui ressemble à la philosophie d’Amundi et de certains autres acteurs de la place) – cet écart devrait être significatif et d’autant plus élevé que la qualité de l’univers de départ est faible
  • Soit, enfin, expliquer les raisons pour lesquelles le non-respect d’une des conditions précédentes est compatible avec la recherche d’impact ESG du fonds.

On peut noter qu’en Belgique, une proposition de loi du sénat déposée en 2011 est toujours en attente pour valider une définition légale de l’ISR

Revue de presse de mars 2015 – Finance éthique

Ce mois-ci nous retenons en particulier des articles autour de 3 thèmes

3 articles autour de l’utilité sociale des banques et leur comportement vis-à-vis de la société :

Mots-clés : Banque d’Angleterre, économie réelle, spéculation

 Mots-clés : Procès, Belgique, Financité

 Mots-clés : Procès, illégalité, spéculation, Etats-Unis

Mots-clés : Oxfam, impacts, France, banques

Un article sur une initiative des banques « morales » :

Mots-clés : GABV, institutions financières, SFRE

4 articles sur l’investissement socialement responsable, et notamment le traitement des investissements dans les énergies fossiles :

  • La publication du rapport de gestion du fonds souverain norvégien :
    • Le fonds norvégien est le plus grand du monde avec 870 Milliards de dollars d’actifs
    • Il est considéré comme une référence en matière de politique ISR (Investissement Socialement Responsable)
    • Son dernier rapport de gestion montre qu’il s’est retiré de nombreuses entreprises dans le secteur du charbon, mais qu’il en a également ajouté, la diminution de son investissement n’étant que de 5%
    • Il reste des entreprises très controversées poursuivies aux Etats-Unis pour des dégâts écologiques massifs
    • Nous avions déjà parlé (ici et ) des débats autour de la politique d’exclusion du fonds qui a lieu dans la classe politique norvégienne. La prochaine consultation entre gouvernement et parlement est une occasion pour les ONG de pousser pour une stratégie d’exclusion de l’ensemble du secteur du charbon

Mots-clés : ISR, norvège, risque carbone, charbon

Mots-clés : ISR, Londres, Paris, risque carbone, pétrole, Oxford, Shell, BP

Mots-clés : ISR, fondations, risque carbone, pétrole, incohérence, Bill Gates, Nigéria

Mots-clés : ISR, BNP Paribas